Skip to content

ALTERNATIVES LOCALES CONCRETES, ARTICULATIONS ET CONVERGENCES

Donner la plus grande visibilité et faire atteindre aux alternatives locales concrètes (ALC) une masse critique est une clé pour bifurquer vers un "autre monde possible" : constitution d’un nouvel imaginaire, de milieux de vie alternatifs propices à l’éducation populaire, d’une "économie" alternative aux transnationales, d’une « société civile progressiste » comme sujet de la transformation sociale et écologique.

Avancer, notamment pour la COP21 et le FSM (Tunis puis Montréal), dans l’articulation des projets des espaces et réseaux concernés (Alternatiba, collectif pour une transition citoyenne, forums sociaux locaux, réseaux thématiques de l’ESS, monnaies locales, villes en transition, circuits courts alimentaires, logiciel libre, ...) est l’objectif du séminaire.

  • 1re session : types d’ALC et leurs attendus stratégiques

  • 2e session : les espaces et réseaux existant en Europe et au-delà

  • 3e session : les convergences et actions possibles.

Les objectif du séminaire étaient de : 

1. Mieux connaître et faire connaître un certain nombre d'alternatives locales concrètes (ALC)

2. Evaluer les enjeux / les contraintes / les solutions potentielles pour favoriser le développement et les convergences des alternatives locales concrètes

3  Dégager des pistes de convergences.

 

Le séminaire qui a regoupé environ 120 personnes (au moins 80 sur chacun des 3 jours du séminaire) a très largement rempli ces objectifs.

Voir notamment la richesse des éléments de convergence listés ci-dessous.

Il s'est donc déoulé en trois temps :

 

ATELIER 1. Présentation des ALC 

Les intervenants et leurs thématiques ont été les suivants:                        

  • Jean Floquet : agriculture solidaire, "GartenCoop"  (Freiburg i. Breisgau Allemagne) 

  • Christel Sauvage : Énergie Partagée (France),     

  • Lise Trégloze (France), Yangoné Mbow (Sénégal),  Géraldine Dohet (Belgique) : commerce équitable

  • Amandine Albizzati finances éthiques (NEF)

  • Laura Caniot - Cniid: déchets (Zéro Waste France)

  • Pierre-Yves Jan : habitat participatif

  • Andrea Caro : monnaies locales citoyennes et systemes d'échanges locaux

  • Daniel Hofnung  / Florent Compain eau et forêts- 

Les travaux en sous-groupes se sont déroulé sur le mode "world café".

 

ATELIER 2. Présentation des réseaux et travail en sous groupes sur les thématiques issues des travaux de l'atelier 1

Les réseaux :  

- Hervé Rousel, ATTAC (France) : le Collectif pour une Transition Citoyenne

- Josette Combes (France) et Guilia Gorgy (Allemagne), Jason Nardi (Italie) : RIPESS Europe

- Jean-Michel Coulomb ATTAC (France) : réseau des forums sociaux locaux (F-FSL)

- Pierre Johnson (France) : Villes et Territoires en Transition

Les groupes de travail ont été :

  • Education populaire
  • Convergences des alternatives

  • Evolution des politiques publiques
  • Prévenir les dangers du changement d'échelle

  • Combattre la financiarisation

 

ATELIER 3 : Travaux sur trois thèmes de convergence issus des travaux de l'atelier 2

Ci-dessous la synthèse des travaux issus des trois groupes de réflexion.

 

Thème 1 : Relations horizontales entre alternatives

1.          Partager les évènements: les concevoir de façon inclusive  / visiter ceux des autres

2.          Partager des lieux

  • café citoyen
  • lieu commun autogéré

  • mette à disposition son lieu (salles de réunion / manifestation ) 

3            Outils à créer / partager

  • guides de réalisation d'initiatives

  • fiches descriptives d'expériences

  • site internet comportant des agendas "croisés"

4.           Mutualiser des moyens / des idées

  • cartographie des compétences (permettant de faire appel selon les besoins)

  • "voyages apprenants" = visite d'initiatives et participation ponctuelle aux activités

5.           S'investir dans les espaces qui permettent de mettre les ALC en visibilité les unes par rapport aux autres et vis à vis des citoyens

     prochainement : journnée de la transition citoyenne du 27 septembre, évènement FSM de Tunis fin mars 2015, COP 21 et villages des alternatives

6.           Investir des lieux qui existent déjà pour les dynamiser

     Ex les conseils de quartier


Points de vigilance

  • le langage : veiller à utiliser un langage compréhensible par tous pour ne pas exclure ceux qui sont peu familiers avec certains jargons professionnels

  • pratiquer une écoute bienveillante, une répartition équitable des temps de parole, une attitude dépourvue de condescendance.  


Thème 2 : Convergences "verticales"

  1.            Développer une vision commune

Le groupe a discuté de l'intérêt d'élaborer un texte commun montrant l'intérêt de mutualiser nos actions sur les alternatives locales et concrètes, et notamment leur potentiel de transformation.

Ce texte aurait aussi l'intérêt de montrer aux porteurs d'ALC l'importance,et la plus-value, à dégager un peu de temps pour cet effort de convergence.

2.            Mutualiser les moyens, échanger les expériences

Le groupe a échangé autour de l'idée de mutualisation ou d'échanges d'expérience.

Voici quelques besoins identifiés : comment encourager le passage à l'action des citoyens, comment passe t'on des ALC à des changements de normes / de politiques au niveau national/européen, comment faire une cartographie locale des ALC...

L'intérêt d'organiser des formations communes à plusieurs organisations a été souligné.

Nous avons également partagé le constat suivant : cette mutualisation ne peut prendre une forme centralisée (ex : une organisation décide de créer un site Internet et chacun y référence son travail). Il nous faut inventer une ou des formes d'échange partant du constat que plusieurs réseaux existent et que de nombreux porteurs d'ALC recherchent le maximum d'autonomie.

Une proposition (recevant un accueil mitigé des participant(e)s) a été d'inciter à l'utilisation d'un format commun d'échange. C'est l'un des objectifs du projet ESS Global : http://www.essglobal.info/

Une autre proposition (recevant un accueil plus favorable), assez proche, a été d'essayer d'inciter à la rédaction de « fiches ». Ces fiches peuvent être élaborées par une ou plusieurs organisations, sur une méthode (ex : la méthode du butinage) ou un retour d'expériences. Elles peuvent être imprimées (et constituer un classeur utilisable par n'importe quel groupe) ou mise en ligne. Contrairement à un manuel, elles peuvent être actualisées plus facilement. Reste la difficulté d'identifier comment porter et animer ce travail de façon décentralisée et ouverte.

Le problème de l'animation reste entier car si les participant(e)s s'accordent sur l'importance d'une animation, plusieurs questions restent en suspens : au niveau régional/national, une animation par qui (risque de récupération par structure?)...

Les participant(e)s s'accordent sur la nécéssité de profiter des évènements comme l'ESU pour poursuivre et élargir les réflexions.

3.            Se réapproprier les espaces

Le groupe a discuté de l'importance de se réapproprier les espaces et outils existants. Par exemple, en lançant un mouvement de mutualisation des votes qui permettraient de reconquérir des espaces comme les mutuelles.

Le FSM de mars 2015 à Tunis a aussi été identifié comme un événement très pertinent pour poursuivre nos échanges.

 

Thème 3 : Relations entre alternatives et pouvoirs institués

Les organisations et groupes organisés sur des alternatives ont souvent des difficultés à s'orienter et à faire valoir les droits des citoyens et des organisations, devant la complexité de nombreux textes législatifs nationaux, directives européennes, et règlements divers.


1.           Impliquer des professionels / experts engagés susceptibles de décrypter les textes législatifs ou administratifs (règlements), à différents niveaux (local, national, européen).

Répertorier et organiser en réseau ces experts engagés. Cette action permettra aux organisations et aux citoyens de décrypter les textes législatifs et administratifs d'intérêt pour leurs activités et leurs droits. 

Elle pourra alimenter deux axes : le renforcement du plaidoyer par les organisations, et l'identification de sources potentielles de financement, ou de ressources mises à disposition de leur action.

2.          Après avoir identifié les budgets publics existants, postuler pour l'accès aux ressources et aux financements nécessaires ou simplement utile à l'action des alternatives citoyennes.

Cela concerne aussi la mise à disposition de salles dans les communes ou intercommunalités. Ces ressources et budgets publics sont une source légitime de financement pour ces actions, pourvu qu'ils correspondent aux critères spécifiques à chaque budget.

Il est également possible de faire appel à la personne responsable de la vie associative dans la commune/intercommunalité/département/région.

Les élus sont sensibles à l'argument de la création d'emploi, et ce peut être un argument unanimement recevable pour le développement de nos alternatives. 

3.         Les entreprises privées, fondations, etc. sont également des pouvoirs institués.

Il faut être beaucoup plus regardant quant aux financements par ceux-ci, et toujours se demander quelle est la contrepartie demandée par celles-ci. A la différence du sponsoring, qui suppose de la publicité, le mécénat est plus discret, et l'intervention du mécène moins présente. On peut donc préférer ce dernier. Les réponses sont à donner au cas par cas.

 

Le renouvellement de la démocratie est une facette importante de cet axe. Pour cela, nous suggérons les actions suivantes 

 

4.         Suivi des engagements et interpellation des élus. 

Mettre en place un site Web répertoriant les engagements des élus et permettant aux citoyens de les interpeller quant au suivi de ces engagements.

Il existe de tels sites pour les députés du Parlement français et du Parlement européen. Il s'agit de généraliser cette pratique à d'autres niveaux.

5.         Mettre en place des Parlements ou des Comités miroir, chargés de suivre les délibérations officielles et de faire leurs propres délibérations. Ces institutions miroirs seraient composés de jeunes, ou d'anciens, etc.

6.         Encourager les communes, agglo, département ou région sans OGM, hors TAFTA, etc. à s'afficher comme telles sur leurs panneaux d'entrée, et répertorier ces communes sur une carte nationale. 

7.         Les actions de désobéissance civile sont légitimes, lorsque l'action des pouvoirs publics et illégitime voire illégale, comme l'illustre les nombreux cas où les normes sanitaires (air, eau) ou autres ne sont pas respectées (avec condamnation par l'Europe ou le Conseil Constitutionnel).

Parallèlement aux actions de désobéissance civile, il est important de documenter cette illégitimité de certains pouvoirs publics, dans le domaine faisant l'objet de désobéissance.

8.         Promouvoir l'Artivisme, ou action ludique. Une participante artiviste a lancé l'idée d'une Coordindation Internationale de l'artivisme, qu'il est possible de rejoindre en prenant contact avec elle et via un site Web dédié.

 

Source:

Séminaire organisé à Paris lors de l'Université Européenne des mouvements sociaux par Attac France, les 20, 21 et 22 août 2014.
Intervenants: commision Alternatives d'Attac France, Les Amis de la terre, Ripess Europe, Solidarius Italie, réseau F-FSL, réseau des Amap d'Ile-de-France

 

 

 

 

Ajoutez des informations à cet article.

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.

Spirale est un site d'Attac France

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"
sfy39587p00