Skip to content

OEUVRER POUR LA TRANSITION ECOLOGIQUE ET SOCIALE

La commission Ecologie et société d'Attac, qui existe depuis 7-8 ans, s'est attachée à poser conjointement les questions  écologiques et sociales, ce qui suppose une nouvelle façon de penser : c'est difficile mais novateur. De plus nous avons à les articuler aux questions de la dette et de la finance, ce que nous n’arrivons pas encore suffisamment à faire à Attac.

 

Il y a consensus à Attac sur le fait que la croissance ne signifie pas justice sociale, bien-être, emploi, réduction des inégalités. Ce lien est à déconstruire. Les Trente glorieuses sont finies : nous avons atteint des limites sociales et écologiques. La croissance verte est l'alternative capitaliste prévue pour poursuivre sur le même modèle en financiarisant la nature. C’est là un angle d’attaque spécifique pour Attac.

 

Sur la transition

 

Il faut penser l’avenir autrement. Nous devons commencer la transition dès maintenant, sans attendre la rupture avec le capitalisme. Cette position permet de dépasser l’alternative réformisme/révolution. Commencer immédiatement à aller vers la transition écologique, c'est cela qui permettra les ruptures.

Une idée nouvelle est qu’il n’y a pas un modèle préétabli vers lequel aller, mais des pratiques dont émergeront des modèles, donc pas une, mais des transitions. Les constructions seront différentes selon les pays.

La transition peut être récupérée par le capitalisme qui cherche à se renouveler. Pour que ce ne soit pas le cas :

- Etre précis dans notre définition de la transition.

- Développer l’appropriation citoyenne des transitions : comment faire pour qu’une partie significative des citoyens s’approprie ces questions ?: les pratiques démocratiques sont à développer.

- Les luttes anti-systémiques ne sont pas récupérables, ex : OGM, Grands projets inutiles imposés, réappropriation-relocalisation, circuits courts, gaz de schiste, décroissance

- Proposer des alternatives concrètes

 

Sur la croissance  

 

Aujourd’hui, dans la pensée dominante, la croissance est un objectif. Nous parlons de fin de la croissance globale : par contre il y a des pays et des activités où une croissance est nécessaire, mais c’est un moyen, pas un objectif.

Même si le terme de décroissance peut poser problème, il présente l’intérêt de n’être pas récupérable : d'ailleurs il n'est pas repris par les élites politiques. Actuellement la critique la plus forte du modèle de développement a lieu dans les pays du Sud et en particulier en Amérique Latine : on y parle de post-développement vers le buen vivir. Ce ne sont pas des questions réservées aux pays riches. Elles intéressent tout particulièrement les jeunes.

Nous commençons à poser les bonnes questions : pourquoi on produit, comment, avec quelles conséquences ?

Le respect des droits universels nécessite un droit d'accès égal aux besoins essentiels sur toute la planète .

Il n'y aura pas de transition énergétique sans réduction de la consommation en raison des limites des énergies renouvelables. Attac a resserré les liens avec Négawatt : dans son scénario, nous pouvons garder le même niveau de confort avec une diminution de la consommation énergétique. Négawatt est en train de faire un scénario sur l’agriculture.

La diminution du prélèvement sur les ressources naturelles s’impose car on va arriver à des problèmes de rupture. Il faut réduire des 2/3 nos prélèvements de ressources énergétiques. Il faut laisser en terre des ressources fossiles. Si on décide de ne pas utiliser les gaz de schiste, de renoncer à cette richesse sous nos pieds, ce serait une rupture énorme dans la manière de penser.

Dans le texte de l’Assemblée européenne des mouvements de l’eau, on parle d’une nouvelle prospérité avec une société qui visera le plein emploi. Etre offensif et insister sur cette idée positive de prospérité, basée sur de nouvelles relations avec la nature et avec des perspectives sur le plan de l'emploi. Par exemple, l’agriculture bio représente 3 à 4 fois plus d’emplois.

 

Propositions

 

- Il faut élargir la dimension écologie-industrie-finances à Attac. Ex. intervenir à propos d’Arcelor-Mittal qui s’était engagé à capter le carbone émis et a abandonné le projet Ulcos car à 5,9 euros la tonne de carbone, ce n’est plus rentable ; de même pour Pétroplus et la récupération en crédits carbone ; ou sur les poulets Doux...

- Comment intervenir sur la métropolisation, acte 3 de la décentralisation, qui va se faire sans débat. On sort de la coopération entre territoires pour aller vers la concurrence entre de grosses collectivités capables de s’auto-entretenir. Elle entraîne une perte de démocratie qui pose problème pour repenser la transition écologique et sociale.

- Il y a des victoires : en Europe, les luttes contre les OGM ont préservé la plus grande partie du territoire et elles continuent.

- Le sommet de l'ONU qui fait suite à Doha devrait se tenir en France en 2015 : il faut organiser une grosse mobilisation

 

Campagnes et mobilisations

 

Les Grands Projets Inutiles Imposés : Notre Dame des Landes.

La lutte contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes permet de développer de nombreux sujets :les aspects financiers (dette et partenariat public-privé), écologiques (biodiversité, bétonnage des terres agricoles, zones humides), la citoyenneté et la solidarité, les questions internationales avec les Grands projets inutiles imposés...

Le projet a démarré il y a 40 ans. Depuis 2000 la lutte est menée par la CIPA et à partir de 2009 par les nouveaux habitants dits squatters ou zadistes ; eux se revendiquent habitants. La lutte s’est accélérée avec les grèves de la faim, qui ont arraché une petite protection contre les expulsions pour les « historiques », le Forum des Grands Projets Inutiles Imposés en Juillet 2012 , puis après le 16 octobre avec la résistance contre les expulsions violentes. L’expulsion sauvage de 23 lieux la première semaine a déclenché un élan de solidarité.

Le plus important est ce qui est en train de se construire de jour en jour. Ce sont des personnes qui mettent en accord leurs valeurs et leur mode de vie. Ils choisissent la solidarité au détriment du confort de la vie quotidienne et font preuve d’un courage exceptionnel. Ils résistent pour défendre un territoire : les barricades sont dressées pour protéger les accès. Les maisons reconstruites vont probablement être cassées dans une semaine, mais elles seront reconstruites. Les gendarmes mobiles ont détruit illégalement 12000 euros de matériel.

La question du légalisme et de la légitimité est posée de façons différentes. Dans la lutte il y a de la place pour tout le monde avec une grande tolérance et une diversité des actions. Ce sont ceux qui luttent sur place qui décident des grandes mobilisations. Cet été il y aura un grand rassemblement les 27/28 juillet ou 3 /4 août à Notre Dame des Landes. Onze organisations nationales ont signé un appel de soutien dès le début des expulsions. Des dizaines de Collectifs de défense de Notre Dame des Landes ont été créés, avec une organisation coordonnée d'événements régionaux, sans structure pyramidale. Il y a beaucoup de jeunes mobilisés dans les collectifs. Leur réactivité est surprenante quand un appel est lancé.

 

Débats sur la transition énergétique

 

Une discussion sur la loi est prévue au parlement en mai-juin, avec une ouverture officielle des débats le 29 novembre. Les Amis de la terre et Greenpeace ont refusé de siéger au Comité de pilotage  en raison de sa composition (présence d’Anne Lauvergon ex présidente d’Areva et d’un directeur de Michelin). Des conférences régionales sont prévues. Attac doit se positionner et voir si on organise une contre-conférence énergétique. Il faut faire attention à ne pas parler de l'énergie qu'en terme de moyens mais aussi d'objectifs de société : la transition énergétique est incluse dans la transition écologique.

La France a une position particulière sur ces questions énergétiques, qui font partie de son prestige international. Le gouvernement est pour toujours plus d’offre : recherche sur la technologie des gaz de schiste, EPR, relance de la filière plutonium.

Sur les gaz de schiste, continuer sur la proposition de l’Université d’été. Nous ne sommes pas dupes des annonces de Fr. Hollande, il y a toujours 60 permis existants et les collectifs sont vigilants. Un forage est en cours à Coutot dans la Marne, des plateformes en Seine et Marne. C’est une lutte énorme à l’échelon international.

Autres mobilisations : Flamanville, Itter. La France veut vendre des centrales : quatre au Quatar, une au Maroc, ce qui durcit la lutte syndicale ici.

Il faut être très concret sur les conséquences sur l’emploi, les transports, l'agriculture si on veut élargir le combat. Il faudrait pouvoir inventer et proposer des solutions pour reconvertir les entreprises en difficulté qui sont reprises par les travailleurs, sans se substituer à eux.

 

Les relocalisations

 

De nombreuses initiatives locales mettent en œuvre la relocalisation en proposant des alternatives sur le plan

- écologique (circuits-courts, transition énergétique…),

- social : création d’emplois pour revivifier les territoires, juste prix des marchandises à argumenter face aux dumping sociaux, écologiques, fiscaux… mondiaux, et à lier au commerce éthique et à la solidarité internationale.

- démocratique avec la création de coopératives ou la reprise en main des entreprises par les travailleurs en évitant leur fermeture et/ou la délocalisation des productions.

La commission Alternatives d’Attac se propose de faire connaître ce qui existe localement et de lier ces alternatives locales à notre projet global. Savoir ce qui se fait, les limites, créer des convergences. Donner aussi de l’espoir, c’est pourquoi les jeunes y participent.

 

Actions :

 

- A Mâcon, depuis plusieurs années une journée de la biodiversité est organisée par 40 organisations dont le CL. C'est un gros succès. Elle attire des personnes qui ne viendraient pas dans nos réunions et qui viennent pour des questions concrètes (greffes, graines…). Attac apporte l’approche politique en faisant le lien avec des questions plus globales..

- 2ème Festival de la Transition à Cluny  les 25/25/26 mai, auquel Attac participera

- Réunion des Territoires à Energies Positives à Tramayes Saone et Loire en juin

 

Source:

 

Atelier organisé lors des Assises d'ATTAC du 8 décembre 2012 : Œuvrer pour la transition écologique et sociale, ici et maintenant, avec environ 50 participants, et animé par Geneviève Azam, Jacqueline Balvet, Geneviève Coiffard, Colette Boudou.Compte-rendu réalisé par Claude B. et complété par Colette B.

Ajoutez des informations à cet article.

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.

Spirale est un site d'Attac France

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"
sfy39587p00