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LES ATELIERS DU CITOYEN

Les Ateliers du Citoyen: Une pédagogie de la participation - des habitants co-producteurs de l'action publique.

 

Quelle est l'action menée ? :


Historique : en 2007, l'association Solidarité-villes organise une rencontre entre divers partenaires de la région Midi-Pyrénées (associatifs ; organismes de formation ; Actions Etudes Recherches autour de l'architecture ; CAF, …) en vue de promouvoir les démarches participatives. Elle est significativement intitulée « quand les habitants reprennent la parole ». C'est le point de départ des actions propres au dispositif « ateliers du citoyen »

Principe de base : Chaque personne possède des savoirs et une capacité d'expertise, notamment sur la vie quotidienne, le quartier où il habite, le fonctionnement des institutions et peut devenir un peu plus acteur du changement et co-producteur de l'action publique, s'il est préparé à la prise de parole en public, si existent des moments de partage d'information et enfin des rencontres avec les différents décideurs, rencontres orientées vers la co-construction commune.

Il s'agit donc d'une démarche participative allant de bas en haut, même si les décideurs sont pleinement informés dès le départ du déroulement global. La séparation de plusieurs étapes et une pédagogie de la participation appropriée à chacune d'entre elles essayent de permettre la réussite de la démarche.

 

Organisation : l'Association Solidarités villes est missionnée pour, sur l'aire toulousaine, :

  •  choisir, par le biais du comité de pilotage du dispositif, un thème annuel (2008 la place des jeunes dans la ville ; 2009 la participation des jeunes dans l'espace public ; 2010 les relations de voisinage : qui peut contribuer à améliorer le cadre et les conditions de vie et comment ?)

  •  assurer la formation des animateurs des groupes d'expression mis en place avec les habitants (travailleurs sociaux, membres d'associations, habitants volontaires).

  •  dans l'esprit d'un réseau, assurer la coordination générale du dispositif

 

La méthode et sa pédagogie :


  •  le temps entre soi : Les groupes d'expression prennent le temps (une fois par mois en moyenne sur toute une année), trouvent les voies et les conditions qu'il faut pour qu'existe une parole en leur sein et qu'elle tende à devenir collective et construite.

  •  le partage des informations , entre soi ou les différents groupes ou avec des personnes-ressources

  •  le temps de la rencontre avec les institutionnels, élus, administratifs et responsables locaux : les groupes se rassemblent dans le cadre d'une assemblée plénière en vue de la recherche, avec les premiers dénommés, de diagnostics partagés, d'une co-élaboration de propositions communes (ou par le biais de livrets de recommandations citoyennes) et enfin mise en place, si décision il y a, d'un comité de suivi.

S'impose ainsi la nécessité d'une pédagogie de la co-construction, autant pour les administratifs et les élus, ce qui ne correspond pas à la norme courante, que pour les habitants.

 

Un exemple de ce qui a été dit en assemblée plénière, celle sur les relations de voisinage :

  •  choix de la thématique, du fait des multiples aspects concernés : personnes, cultures, lieux, mode de présence et de fonctionnement des services publics

  •  constat :replis, mais aussi attentes d'initiatives institutionnelles favorisant le lien

  •  question : déterminer quelle est la marge de manoeuvre, la répartition possible entre « devoir citoyen » (solidarités élémentaires,... ) et appel à l'intervention nécessaire des institutions.

  •  proposition : des évènements pour se rencontrer entre voisins ; des lieux faits pour l'expression collective ; l' accueil des arrivants ; la préservation matérielle du « temps des boîtes à lettres » (attente commune du courrier en bas des immeubles).

 

Durée nécessaire : plusieurs années de fonctionnement sont nécessaires, du fait qu'est visé à la fois la formation réciproque (maturation personnelle et politique) et le développement de pratiques participatives débouchant sur des résultats.

 

Résultats obtenus et difficultés rencontrées : il est plus aisé, afin de rebondir, de cerner les difficultés que d'évaluer les résultats :

- Il y a certainement à noter un travail de formation utile auprès de membres bénévoles de plusieurs associations et de quelques habitants ; une sorte de « contractualisation » avec les centres sociaux autour d'objectifs reconnus des deux côtés comme communs ; les rencontres élus, institutionnels-habitants se sont bien centrées sur les « vécus » des habitants et pas seulement autour de projets venant d'ailleurs où serait sollicité l'avis de la population.

- Mais quand à l'impact des recommandations citoyennes, c'est le flou ! Il faut noter en parallèle la difficulté rencontrée à construire une parole collective et synthétique au sein et à partir des groupes d'expression. Par ailleurs, plusieurs associations de quartier, parties prenantes au départ, déclarant notamment se recentrer sur un appui plus immédiat et plus direct à la recherche d'emploi pour les populations en difficulté, se sont désengagées progressivement d'une implication effective dans le dispositif, ce qui a réduit le nombre et la diversité géographique et culturelle des groupes d'expression.

- Il reste que la difficulté principale est venue des politiques et des élus, ce qui s'est traduit par un arrêt des subventions au dispositif (du conseil régional notamment).

Tout s'est passé comme si les élus, non pas se désintéressaient de la démarche participative, mais ne voyaient pas l'importance des éléments pouvant la faciliter et lui donner du poids et du sens : accompagnement de formation ; respect d'une autonomie préalable dans l'expression ; et surtout acceptation que la démarche de co-construction de politique publique provoque voire impose, au moins pour des séquences temporelles à l'avance définies et des points à traiter bien ciblés, une transformation de leur rôle d'élu. Au mieux, ils ont simplement « recueilli » les avis, au lieu de s'impliquer dans une recherche en commun.

 

Relances


(actuellement -2011- le dispositif est au point mort) :

 

- démultiplier les lieux d'intervention, hors de Toulouse même, ce qui faciliterait la mutualisation des tentatives.

- susciter l'intérêt en articulant la démarche participative et des évènements, festifs ou artistiques (ex : productions d 'artistes en résidence territoriale)

- donner de la visibilité au sens de faire exister les temps forts au sein de l'espace public

 

Quelle est la portée globale de l'expérience ?


Elle répond à des enjeux globaux de société par la conception de la participation qui la sous-tend, conçue comme un cheminement d'élaboration et d'action en commun. Cela n'est guère possible sans que le rôle des experts - qui interviendraient en réponse à une demande sociale et au moment où où celle-ci le décide - et des élus - jouant alors un rôle de reprise, coordination et amplification de ce qui ne vient pas forcément d'eux - soit repensé

La démarche pédagogique a peut-être, elle aussi, un aspect « alternatif ». : les avis de ceux qui sont souvent absents de la prise de parole doivent être à la fois renforcés, « protégés » et en même temps il ne faut pas éviter l'exposition et la confrontation dans l'espace public.

 

Transférabilité


La démarche qui pluralise et fait se succéder plusieurs « temps » et espaces différenciés entre eux, des groupes d'expression aux assemblées plénières, est transposable et peut donner lieu à enrichissement continu.

On a l'impression par ailleurs qu'il faudrait que soit proposées, expérimentées des contractualisations courtes et ciblées autour de problèmes concrets identifiés en commun, permettant à des élus, des professionnels et des habitants de co-construire ensemble, au delà de leurs différences légitimes de rôle et de statut !

 

Questionnement autour de l'expérience :

 

Les actions relevant du dispositif « ateliers du citoyen » expriment une tension entre deux logiques différentes, non contradictoires cependant :

- la logique militante, qui veut faire reconnaître la capacité citoyenne et l'enrichissement de la démocratie permis par la démarche proposée : allant jusqu'au choix d'un processus allant de bas en haut, organisé en appui à des initiatives citoyennes et en vue que les recommandations citoyennes aboutissent.

- la logique éducative-pédagogique qui vise à permettre qu'il y ait appropriation des démarches et outils pour l'expression, l'information et la rencontre co-constructive. C'est ainsi que Solidarité-villes - et d'autres initiatives similaires comme l'Université du citoyen font le même choix - cherche à mettre en oeuvre une démarche de formation autant auprès des professionnels , des élus que des habitants.

Il est vrai que la logique pédagogique « arme » la logique militante et qu'inversement une optique militante vise le résultat, mais aussi la prise de conscience par chacun de ses capacités. Cependant, cette tension qui peut prendre différentes formes (quels liens aux financeurs du dispositif ; intervient-on à froid, dans la moyenne durée ou à chaud, quand un problème est « urgent; etc) n'en n'est pas moins réelle. Il s'agit de la rendre salutaire.

 

 

 Source:


Fiche d'initiative réalisée par François Schalchli dans le cadre de la formation Attac-Récit "Comment favoriser l'émergence d'initiatives alternatives".

 

Pour en savoir plus:


Les ateliers du citoyen 

Adresse : Solidarité-villes 28 avenue Léon Blum 31500 Toulouse

tél : 05 34 39 23 24 solidaritevilles@yahoo.fr

http://www.solidaritevilles.org/

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