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FORMATION SUR LES ALTERNATIVES LOCALES /2


Suite de la formation Attac-Récit: « Comment favoriser l'émergence d'alternatives locales? »

 

Attac et Récit ont coorganisé un deuxième week-end de formation le samedi 28 et le dimanche 29 janvier 2012 à Paris, avec la participation du Collectif des Associations Citoyennes pour cette session. Celle-ci était centrée sur la construction de projets alternatifs locaux. Elle s'est appuyée sur la description détaillée d'un cas concret d'initiative déjà réalisée et des temps d'analyse en petits groupes des projets portés par les participants. Elle a réuni plus d'une quarantaine de participants présents les 2 jours.

 

Cliquez sur les liens en rouge.

 

1/ Synthèse de la session précédente.

 

2/ Présentation détaillée d'un projet alternatif, Studio D: naissance, déroulement, difficultés, embûches, éléments de succès...: Commentaires et points forts méthodologiques pour la conduite de projets alternatifs

 

3/ Présentation d'une grille d'analyse de projet

La grille d'analyse proposée permet de mettre en évidence les étapes par lesquelles on doit passer pour construire un projet. Elle peut aider à lancer la dynamique car elle suppose de se mettre d'accord sur un document de base. Celui-ci servira ensuite aux nouvelles personnes intéressées par le projet pour comprendre ce qui se passe. Il est aussi très important d'arriver auprès des élus avec un projet très bien conçu.

 

-> Pourquoi?:  Pourquoi veut-on faire ce projet? Qu'est-ce qui manque? Cela nécessite de regarder ce qui existe déjà sur le territoire où l'on veut agir et pas seulement ce qui manque. Qu'est-ce qu'il y a? Comment est-ce que cela fonctionne? Sur quelles potentialités peut-on s'appuyer?

 

 -> Objectifs?: Le principal objectif correspond au nom du projet. Il permet de mobiliser les personnes. Il détermine aussi qui sera réellement motivé, en particulier les personnes qui sont les plus concernées personnellement (réponse à des besoins personnels).

 

-> Quoi?: Quelle sera la forme du projet, son champ d'intervention?

 

-> Qui?: Qui a vocation à être associé à ce projet et le portera? Quel type de personnes? Quelle est la masse critique pour que le projet vive: Ce peut être par exemple 3 personnes seulement ou une centaine d'usagers dans d'autres cas où il faudra convaincre des élus.

 

-> Où?: Il s'agit de bien circonscrire son champ d'action: le localiser et définir son envergure. Certains projets échouent car ils sont surdimentionnés, ou bien parce que les lieux choisis ne sont pas conviviaux. Le choix du lieu est lié au "Qui?" c'est-à-dire à des élus, des responsables...

 

-> Comment?: C'est le plan d'attaque: que va-t-on faire concrétement?: du porte à porte, un concert... Il suppose un calendrier et une distribution des tâches.

 

-> Moyens?: Peut-on faire appel à des compétences bénévoles, à une mutualisation... De quel budget dispose-t-on?

 

-> Mots-clés?

 

Eléments de la discussion:

 

Où élabore-t-on le projet politique de l'action?

 

Ce travail sur les valeurs, sur le monde dans lequel on veut vivre correspond à la réflexion sur le "Pourquoi?" de la grille d'analyse.

 

Mais doit-on toujours avoir un projet politique au départ? Certains n'en ont pas a priori mais le fait de travailler à un projet confronte ces personnes à des problèmes qui permettent des prises de conscience et la construction d'un projet politique (par exemple lors de la création d'une AMAP).

 

Le rapport avec les élus

 

Celui-ci change la nature des projets. La temporalité des politiques n'est pas la même que la nôtre. Les démarches sont longues et cela doit être intégré dans le projet. Il faut au moins prévoir 2 ans, ne serait-ce que pour des questions de prise en compte dans les budgets des collectivités locales. D'autre part, certains élus s'intéressent d'autant plus à un projet qu'il peut être intégré dans leur mandat et servir à leur réélection. Pour autant, il ne faut pas nier l'implication réelle d'une partie des élus: certains sont militants à la base. Le niveau d'entrisme souhaitable est d'ailleurs une question qui peut être discutée au sein des groupes porteurs de projets.

 

4/ Qu'est-ce qui m'empêche de le faire?

 

La grille d'analyse de projet a été utilisée lors d'un travail en petits groupes thématiques à partir des situations locales des participants pour en identifier les potentialités et la façon de s'y prendre pour initier ces projets ou les soutenir. Chaque participant a eu une quinzaine de minutes pour réfléchir à son propre projet à partir de la grille d'analyse avant de mettre les grilles en commun et de réfléchir ensemble à "Qu'est-ce qui m'empêche de le faire?". Une partie des fiches d'analyse sont en annexe en bas de page.

Lors de la mise en commun en groupe plénier, les participants et les intervenants ont été invités à faire des suggestions pour améliorer les projets.

 

Atelier Alimenterre: Atelier sur des projets liés à l'alimentation, l'agriculture, l'eau...

 

** Projet de verdissement du 15ème dans le cadre de Ville en Transition Paris 15ème, ce qui suppose de trouver des espaces verts que ce soit au niveau d'institutions religieuses, des espaces verts communaux ou privés.. .

 Le problème: trouver des espaces verts au niveau des HLM.

 

** Projet d'amélioration de la qualité de la vie mené par l'association Ayni-Suisse dans une communauté villageoise très pauvre du Pérou, en particulier au niveau des problèmes d'hygiène liés à l'eau, des techniques agricoles...

 Le problème: trouver des financements pour les salariés qui font la sensibilisation, pour mener des campagnes....

 

** Projet de ferme collective sur la Rochelle pour aller au delà du système AMAP et créer des jardins partagés, avec un volet d'intégration sociale.

Le problème: convaincre la ville pour avoir accès au lieu envisagé.

 

 ** Projet de lieu ressource et de documentation sur les femmes, le sport et le développement durable.

Le problème: libérer un terrain privé actuellement bloqué.

 

Les problèmes communs à ces différents projets:

 

- Trouver des terres et des lieux, même prêtés

-> Prendre contact avec Terre de Lien qui intervient au niveau de l'accès au foncier, avec le SEL de Paname qui négocie des espaces pour avoir des jardins dans Paris

- Avoir des financements

- Revaloriser les savoirs et les compétences

- Aller vers les populations plus en difficulté, avoir une mixité sociale

 

Atelier sur l'éducation populaire:

 

1er groupe: porteurs de projets d'Université citoyenne dans la région de ST Dié, d'Hay les Roses en transition, d'un Collectif sur la dette, d'un Quartier de la connaissance sur Ivry, appuyé sur l'association les Petits Débrouillards, pour valoriser les connaissances et compétence des jeunes: voir les grilles d'analyse en bas d'article.

 

Les différents projets ont en commun:

la volonté d'aider à libérer la pensée, la parole, à révéler les compétences

le besoin de techniques pour animer les rencontres et les assemblées.

 

Ce qui pose problème pour la mise en oeuvre des projets:

 

- Comment nouer les premiers contacts avec de nouvelles personnes qui ne se déclarent pas comme intéressées a priori?

- Quel est le moment opportun pour lancer le projet?

-> D'un côté il faut être suffisamment préparé et fort pour ne pas exploser à la première difficulté. Mais il ne faut pas non plus trop attendre, pour ne pas démobiliser, et finir de structurer le projet avec les nouveaux participants.

- Comment garder les personnes à la longue pour que le projet soit pérenne?

-> Les temporalités sont différentes, dans l'immédiat ou sur une longue durée, selon les objectifs. Amène-t-on les personnes vers un point précis (comme pour l'audit citoyen) ou fait-on émerger quelque chose ensemble?

 

2ème groupe: porteurs de projets de médiation sociale et de la Maison des Babayagas et de l'Université du savoir des vieux

Ce qui pose problème:

- Comment mobiliser plus de monde?

-> Outils à développer, être en synergie avec d'autres associations

-> Quelle conception de l'échange de savoirs et de l'éducation populaire?: verticale ou horizontale? Part-on de ce qu'apportent les personnes auxquelles on s'adresse et de leurs savoirs?

-> Des étudiants de Montpellier sont en train de monter un site "BoostMykarma" pour mettre en relation 3 types d'acteurs: les associations, les bénévoles et les financeurs.

-> Le site de Colibris met aussi en contact des porteurs de projet avec des personnes souhaitant agir.

 

- Comment communiquer avec des personnes qui sont plutôt contre, qui ont des idées très arrêtées, de manière à les amener à réfléchir? Quelle communication positive, non violente, sans rechercher le conflit de manière à progresser ensemble?

 

 - Qu'est-ce qui se passe après avoir informé et mobilisé?

 L'éducation populaire = seulement dire, parlotte, prise de conscience? Comment structurer les choses pour que cela débouche sur quelque chose de concret, sur le Faire?

 

- Amener les élus à faire ce pour quoi le peuple les a élus: quelles possibilités de contrôle citoyen sur les mandats des élus, dans un système qui n'est pas conçu pour cela?

 

Atelier sur l'insertion sociale:

Atelier basé sur deux projets: Une initiative en cours de restaurant solidaire, épicerie, lieu d'exposition et café hebdomadaire.
Un projet d'animer la partie culturelle d'un Café solidaire initié par un groupe d'habitants et des professionnels du quartier.

 

Problèmes rencontrés:

 

- Faire vivre le lieu pour qu'il soit investi par la population, créer la relève. Usure des porteurs de projet initiaux liée aux difficultés de gestion des différentes associations impliquées, des financements, de la législation, des demandes des élus...

-> Arriver à plusieurs lors des rendez-vous avec les élus.

-> Avoir l'appui des médias est un pouvoir efficace dans les relations avec les élus, même s'il faut aussi s'en méfier.

 

- Gérer le fait d'être par ailleurs professionnel au niveau de son engagement bénévole au sein d'une association et de la population du quartier

-> Volonté de dépasser les limites imposées dans sa pratique professionnelle

-> Expertise professionnelle dont il est difficile de se départir soi-même pour se mettre à égalité des autres, mais aussi de faire oublier par les autres. Vraie difficulté à sortir de cette ambiguïte mais c'est un risque à prendre car des initiatives extrêmement intéressantes sont parties de ce type de situation.

 

Atelier Démocratie participative

 

Parmi les projets évoqués:

- L'association des Gens d'Hellemmes: Cette liste citoyenne est issue d'un collectif d'habitants d'une rue qui s'est constitué pour s'opposer aux nuisances sonores des poids lourds et a réussi son objectif. Il s'est transformé en Collectif Hellemois d'Initiatives Citoyennes (CHIC), avec des objectifs plus larges et pour impulser une réelle démocratie venant des habitants, est devenu de plus en plus gros, jusqu'à proposer une liste aux élections municipales. http://lesgens-hellemmes.org/joomla/index.php?option=com_content&task=view&id=20&Itemid=48

 

- Les Ateliers du citoyen: http://www.spirale.attac.org/node/585

 

Pistes pour une démocratie participative, d'après les échanges entre porteurs de projets dans ce domaine, certains étant élus:

- Impulser des initiatives citoyennes partagées: Se donner les moyens pour que des initiatives, même implusées par quelques uns, deviennent collectives.

- Investir ou réinvestir des lieux physiques d'échanges citoyens, ou en créer afin de permettre l'expression, la confrontation, l'information...

- Favoriser l'émergence du sens, des liens sociaux et du politique à partir des échanges de vécus, d'expérience, de ce qu'il y a résoudre.

-> Livre "Les légitimités ordinaires. Au nom de quoi devrions-nous nous taire?" Hélène Hatzfeld 

- Prendre effectivement en compte le genre: Loi sur la parité à appliquer et à donner corps.

- Se doter de moyens alternatifs: La manière dont sont définis les moyens est elle-même alternative. Les moyens choisis ne sont pas neutres. Ex: cahiers de doléances, d'espérance... Respect des temps différents pour favoriser la parole,  respect des rôles différents (citoyens - élus - professionnels), des genres.

 - Elaborer des chartes, dans l'esprit du processus participatif et évolutif, qui cadrent tout en permettant la remise en cause plus tard,  dans la joie et la bonne humeur!

 

Atelier Projet alternatif

 

Synthèse suite aux ateliers

 

Questions transversales à plusieurs ateliers:

 

Comment on mobilise, comment on maintient la mobilisation malgré des attentes qui sont parfois différentes, comment on renouvelle et on amène du sang neuf dans des projets qui s'épuisent, comment on fait pour que le projet soit approprié par l'ensemble, sans qu'il y ait de mainmise par un groupe d'experts...

 

Quel mode de communication pour aller vers les autres? Quelle forme de communcation est efficace? Comment faire percevoir d'autres points de vue? Va-t-on sur les marchés? Organise-t-on un forum de partage d'idées, de pratiques, d'histoires...? etc.

 

La force de conviction est importante pour mobiliser. S'obliger à écrire ce que l'on veut aide à cela. La formulation par écrit solidifie ce qui s'est échangé, oblige à se mettre d'accord. C'est un vecteur important de transmission entre tous les membres du groupe. Mais l'écrit ne doit pas être une camisole de force: la réalité doit ensuite déterminer si ce que l'on a écrit est juste ou doit être reformulé. Faire attention aux différences de vocabulaire, de références, de culture, aux représentations différentes d'une personne à l'autre.

 

Les lieux et les groupes ont des historiques. Cela peut être des solidités sur lesquelles on s'appuie mais aussi parfois des freins. C'est un implicite énorme qui manque à ceux qui arrivent pour comprendre vraiment ce qui se passe et pour communiquer dans le groupe. Cela peut engendrer un rejet de la personne nouvelle qui n'est pas formatée par tout cet implicite du groupe. Sa parole peut être perçue comme "folle" car elle ne cadre pas avec les attentes du groupe et est complétement en décallage avec ce qu'on attend d'un nouveau venu. Quand des personnes finissent par partir, il faut s'interroger sur la raison de ce départ: est-ce qu'on leur a laissé une place? Est-ce qu'on leur a permis de comprendre ce qui se passe là? Est-ce que l'on a été suffisamment attentif à ce qu'elles disaient? Est-ce qu'elles n'étaient pas du tout dans l'histoire du projet et se sont aperçues qu'elles s'étaient trompées?

 

La temporalité est aussi une facteur important. Si le projet démarre trop tôt, on épuise toutes ses cartouches rapidement. Mais si le démarrage est trop long, si on met trop de temps à se mettre d'accord, cela épuise les participants et le projet est mort-né. Il faut donc bien sentir cette temporalité et à un moment prendre le risque de se lancer.

 

C'est en osant travailler ensemble concrètement, matériellement, que l'on lève des malentendus et que l'on fait tomber des tensions. Ne pas se contenter d'amasser des écrits même très bien faits, mais travailler à l'articulation avec le "faire". De plus si l'écrit est un moyen pour clarifier le projet, ce qui a été prévu doit pouvoir être modifié en fonction de la réalité de la mise en oeuvre.

 

Il est important de partir de la réalité des besoins des personnes concernées pour construire un projet. Il existe aussi de bons projets qui ne partent pas des besoins des personnes  mais d'une volonté d'agir sur le monde. Mais il peut être alors très difficile de faire avancer ces projets car il est compliqué de convaincre les personnes qu'il faut changer leurs idées et leurs habitudes alors qu'elles n'en ressentent pas le besoin.

 

Cette différence entre ces deux types de projets peut être liée à la démarche de construction du projet: est-elle basée non sur une participation des personnes auxquelles il s'adresse ou non, dans une relation horizontale?

 

Bilan et construction collective d'une prochaine formation

 

L'objectif de la formation était de travailler sur comment créer ou faire vivre un projet alternatif. L'idée était de parler ensemble de projets qui existent ou essaient de se mettre en place, et ainsi de se faire une idée plus précise de là où chacun en est, de ce qu'il peut faire et tenter maintenant. Pour les projets plus construits, c'est aussi un lieu d'écho pour les faire connaître, relier et mettre en réseau, permettre de s'y référer comme quelque chose de possible, d'intéressant et qui existe déjà.

 

La présentation détaillée de Studio D a été appréciée. C'est un projet alternatif et novateur en particulier dans la manière dont ses initiateurs sont parvenus à avoir une unité de vie et une cohérence entre leurs activités professionnelles et leurs idées.

 

Cependant il serait intéressant de ne pas trop se focaliser sur un seul exemple, pas forcément transposable, et de voir plusieurs alternatives de secteurs différents, présentées par les acteurs qui ont déjà réalisé leur projet. On pourrait peut-être aussi partir des nombreux petits films de 10-15mn qui présentent des initiatives, en présence de leurs initiateurs si possible.

 

Au delà, il est important de faire la démarche d'aller voir près de chez soi ce qui existe. Faire près de chez soi, avec ses voisins, est souvent une difficulté. On peut trouver des initiatives proche de son domicile sur le site de la BDIS (Banque de Données des Initiatives Solidaires), sur le site de Récit...

 

La formalisation des projets suppose toute une dimension de travail collectif avant et après qui serait à travailler spécifiquement. Cela ne se passe jamais comme prévu! Comment gérer les alléas du processus, les différentes facettes du projet, sa révision en cours de route...? Comment permettre que les initiatives restent alternatives?

 

La nécessité d'être au plus clair sur ce qu'est une alternative a d'ailleurs été exprimée, peu de personnes ayant participé à la première session. Peut-on d'essayer de déterminer provisoirement des critères pour faire le tri entre ce qui est alternatif et ce qui est intéressant mais qui n'est pas tout à fait ce qu'on appelle une alternative? Au-delà de la réussite de son projet, ne faut-il pas s'efforcer à un moment ou un autre de clarifier ce que l'on met derrière "alternative "ou "alternatif", même si cela peut gêner en raison du flou et de l'impensé qu'il peut y avoir chez chacun de nous. Cela suppose aussi d'avoir suffisamment avancé dans le travail: les initiatives se construisent en marchant.

 

On s'aperçoit aussi que selon la personne, l'organisation où elle est, ses objectifs, telle ou telle initiative va paraître alternative ou non. Les organisations mettent en avant différentes valeurs: démocratiques, sociales, écologiques, d'émancipation individuelle et collective... Il y a beaucoup de possibilités d'être alternatif même si peu d'initiatives réunissent tous ces critères.

 

Un autre aspect serait à travailler: Comment les citoyens peuvent intervenir au niveau des politiques publiques territoriales, souvent dévoyées par les lobbys, les détourner pour quelles puissent répondre aux besoins et aux manques sur les territoires? Comment agir au sein même des services publics pour y mener des alternatives et faire bouger les choses de l'intérieur?  

 

L'hétérogénéïté du groupe lors de la formation en a fait la richesse: personnes d'âges, de cultures différentes, citadins ou de milieu rural, voire de pays différents.  Ces apports variés permettent d'avoir des points de vue différents, de se piquer des idées, d'en donner, de susciter des désirs d'action, de redonner la pêche...

 

Ces projets ont des contextes complétement différents et sont à des stades d'évolution variés. Leurs acteurs ont donc besoin d'outils spécifiques bien différents qu'il n'a pas été possible de travailler lors de la session étant donné le nombre important de participants, la variété des attentes et sa durée limitée.

 

- Des outils relevant de la communication avec le public, de l'éducation populaire, de l'animation de grands groupes...

- Des outils permettant la mise en oeuvre effective d'une activité concrète telle que Studio D.

 

Ils pourraient être abordés de manière très pratique à partir de projets qui "coincent" en travaillant ensemble pour trouver des solutions, car on peut aussi apprendre de ce qui ne marche pas et "cafouille". Ils pourraient être expérimentés entre deux sessions de manière à pouvoir échanger sur la manière dont cela s'est passé.

 

Ces points correspondent à des attentes bien différentes: il faudrait donc les aborder sur des temps ou des sessions spécifiques et que cela soit bien précisé sur le programme, de manière à ce que chacun puisse mieux choisir en fonction de ses besoins.

 

L'organisation de la formation a été débattue. Si elle a convenu à beaucoup, d'autres auraient souhaité qu'elle soit plus participative et discutée en début de session. Le terme même de "formation" induit que des personnes vont venir pour recevoir une forme de formation. Si les objectifs sont différents, il vaut peut-être mieux parler de lieu d'élaboration collective, de stratégie d'implantation d'alternative...

 

L'expérience même de la formation permet de mettre en acte et en visibilité immédiate les difficultés que l'on rencontre en fait sur les terrains quand on est dans les travaux de groupes, de réflexion, de construction, de mise en accord collectives, pour faire avancer son projet. Il s'agissait aussi de vivre avec un effet de miroir ce qu'est la co-construction d'un projet.

 

Documents annexes:

 

- Questionnaire envoyé aux personnes inscrites: en .odt et .doc

- Exemples de grilles d'analyses remplies par les participants: à voir ci-dessous après les photos

 

Merci à Luc pour ces photos prises lors de la formation.

 

Exemples de grilles d'analyse de projets remplies par les participants.

 

Une éducation citoyenne à Saint Dié

POURQUOI?: Pays économiquement et socialement sinistré: repli sur soi dans les anciennes vallées textiles. Nombreuses associations, mais squelettiques, qu'il faudrait fédérer

OBJECTIFS?: Créer une "université" citoyenne, alternative à celle existante, d'origine municipale et s'adressant à une élite (très universitaire)

QUOI?: Forme à donner: série de conférences, débats thématiques à partir des compétences des locaux

QUI?: Responsables associatifs. La municipalité de St Dié sera un frein

OU?: 4 villes: St Dié, Raon, Semond, Fraize

COMMENT?: Rassembler les responsables associatifs (y compris si possible les syndicats)

MANQUES: Locaux

 

L'Hay le Roses en transition

 

POURQUOI?: Projet issu d'une approche "politique": CFDT, PS, Utopia- j'y reste. En plus: au delà du travail sur l'"utopie", travailler à la "prise de conscience".

OBJECTIFS?: Permettre

- la prise de conscience par rapport au pic pétrolier et à l'urgence climatique

- dépasser le déni, la dépression, l'impuissance

- recréer de la résilience

QUOI?: Diffuser, sensibiliser: idées. Soutenir des initiatives et des actions locales

QUI?: Personnes sensibilisées. Engagées dans des initiatives. Relais culturels. Politiques???

OU?: L'Hay les Roses ou plus large???

COMMENT?: Constituer un noyau: combien??? 8 / 10 personnes

MOYENS?: Recensements, rencontres pour constituer le noyau???

MANQUES?: Passer les élections. Ecrire le projet. Constituer un noyau

 

Audit de la dette publique

 

POURQUOI?: La dette va être payée par les citoyens via une politique d'austérité. Il faut que les citoyens comprennent le mécanisme pour qu'apparaissent les paradoxes. Il faut prendre connaissance des alternatives.

OBJECTIF?: Accaparemment citoyen du problème de la dette. Qu'apparaisse la nécessité d'un audit

QUOI?: Se concentrer sur le sujet, s'obliger à y réfléchir. Des érudits vers les intéressés. Par des conférences-débats, des projections, des actions de rue

QUI?: Tout électeur/citoyen/européen. Les politiques

OU?: France/ Europe. Région/ville

COMMENT?: Spectacle de l'accaparemment. Répondre aux interrogations

MOYENS: Monde car bouche à oreille. Spécialiste car économie. Médias

MOTS-CLE: Dette

 

Quartier de la connaissance

 

POURQUOI?: Désertification des espaces publics, politique de fermeture des "espaces ouverts". 50% de la population a moins de 25 ans: précarité économique. Développement de compétences peu valorisées, y compris par ceux qui les possèdent

OBJECTIF?: Comment valoriser et mobiliser les jeunes?

QUOI?: Faire émerger des nouveaux métiers

OU?:Evry

QUI?: Jeunes (diplômés). Politique jeunesse. Habitants. CNAM. IFRIS (recherche action)

MOYENS?: JIX. Collectif. Locaux

 

La Maison des Babayagas

 

POURQUOI?: Beaucoup de vieux. Refus de choisir entre être seul, en ghetto ou en maison de retraite huppée. Aspiration à un cocon féminin

OBJECTIFS:Utopie:

- Faire de l'ESS de A à Z

- Faire vivre (payer) le rez-de-chaussée (loyer x5 au m2)

QUOI?: Université populaire du Savoir des Vieux: mise en boîte (diffusion à distance), échanges, fêtes, sorties

QUI?: Vieilles, vieux, réseaux. AMAP, SEL, Centre de Santé communautaire, compost, récupération de meubles, médiation...

COMMENT?: Evénements. Laboratoire de Recherche Appliquée ESS. Club d'expertises: écologiques, sociales, sur le vieillissement. Equilibre le poids politique de la mairie, des HLM. Co-construction, mécénat

OU?: 1/ Montreuil. 2/ France. 3/ Europe (Allemagne...)

 

MAS Maison des Alternatives Solidaires

POURQUOI?:Lutter contre l'exclusion. Née du FSL

OBJECTIFS: Lien social.Vivre ensemble. Fédérer des asoociations pour être plus fortes ensemble

QUI?: Une association fédérant 6 associations locales

OU?: Bagnols sur Cère et environ (Gard)

COMMENT?:Restaurant. Epicerie solidaire. Café citoyen. Alternatives à définir

MOYENS?: Retours. Financements croisés (Mairie, Conseil Général, Communauté de Communes). Dons de particuliers. Banque alimentaire, ANDES. Une vingtaine de bénévoles

FREINS ET OBSTACLES: Dépendance par rapport aux financeurs et exigences (l'épicerie solidaire a conditionné le soutien des élus). Changement de municipalité. Contrôler (rester dans la légalité). Fatigue des bénévoles. Ne pas perdre le sens de l'action

 

Projet de Café solidaire

POURQUOI?: Récupérer de la liberté professionnelle pour agir de façon innovante et participative avec les habitants (jeunes)

OBJECTIFS?: Obtenir un lieu dans un quartier vide d'activités pour faire du lien social. Faciliter et enrichir la commission "activités" du café associatif. Promouvoir la participation d'habitants "jeunes"

QUI?: Laure et Marie avec le Collectif fondateur du café associatif

OU?: Blanc-Mesnil

COMMENT?: Propositions culturelles. Manifestations festives et conviviales. Portraits d'habitants, Récits de vie

MOYENS?: Humain: réseau de partenaires. 2 bénévoles

FREINS ET OBSTACLES: Légitimité et positionnements sur ce lieu où elles ne sont ni habitantes, ni professionnelles.

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