LES SCOP-SOCIETES COOPERATIVES OUVRIERES DE PRODUCTION

Les  sociétés coopératives ouvrières de production (Scop) ont des principes de fonctionnement démocratiques donnant aux salariés le pouvoir de nommer leurs dirigeants et d'exercer collectivement un contrôle de leur activité professionnelle. Propriétaires de l'entreprise, ils en partagent les gains équitablement. 

Quelques chiffres (2008):

Les Scop françaises sont rassemblées au sein du réseau Scop Entreprise qui porte les valeurs alternatives des Scop, les représente auprès des pouvoirs publics et leur assure de nombreux services pratiques. Les travailleurs envisageant la création d’une Scop (il suffit d’être deux !) ont tout intérêt à prendre contact avec l’Union régionale pour avoir tous les renseignements nécessaires et, le cas échéant, pour les aider dans toutes les étapes du processus de création d’une Scop: réalisation de l’étude de faisabilité économique et coopérative du projet, démarches pour obtenir des financements, établissement des statuts, outils de gestion, formation continue des dirigeants et les associés.

Le réseau intègre des sociétés financières spécifiques qui peuvent apporter des investissements extérieurs, ceux-ci étant particulièrement difficiles à trouver auprès des établissements financiers classiques étant donné l’absence de plus-values. Les salariés des Scop peuvent d’ailleurs participer à l’augmentation des capitaux disponibles pour les entreprises coopératives ou socialement responsables en plaçant leur argent sur des plans d’épargne salariale alimentant des fonds communs de placement.

Chaque année, une trentaine d’entreprises classiques sont transformées en Scop par leurs salariés. Pour une dizaine d'entre elles, c'est à la suite du départ à la retraite du dirigeant. Ce chiffre pourrait être bien plus élevé étant donné l'âge avancé de beaucoup de dirigeants d'entreprises et les difficultés à trouver des repreneurs. Mais l'option de la transformation en Scop est rarement envisagée, souvent par méconnaissance de leur fonctionnement.

La situation est plus délicate lorsqu’il s’agit d’une reprise après un dépôt de bilan. Scop Entreprise peut effectuer un audit approfondis de la situation de l’entreprise en moins d’un mois. Mais la grande majorité des projets étudiés (80-90%) ne débouchent pas sur la création d’une Scop. La moitié d’entre eux ne réunissent pas les conditions nécessaires à leur réussite. Dans les autres cas, ce sont les salariés ou le Tribunal de Commerce qui stoppent le processus.

Une nouvelle forme de coopérative se développe actuellement, la société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). Elle permet d'associer un ensemble de partenaires dans un projet commun de développement local présentant un caractère d'utilité sociale: les salariés de l'entreprise, les bénéficiaires, les bénévoles, les collectivités territoriales, des associations, etc. Chacun d'eux peut acquérir des parts de la SCIC et devenir sociétaire.


Sources :

La partie détaillant les processus de transformation  d’une entreprise classique en Scop est reproduite en intégralité ci-joint : Réussir une transmission ou une réanimation d'entreprise.

Voir aussi:


REUSSIR UNE TRANSMISSION OU UNE REANIMATION D'ENTREPRISE

Le rachat par un tiers inquiète souvent les salariés et accroît les tensions dans l'entreprise. Inversement, un rachat par les salariés peut créer une dynamique positive s'il s'appuie sur trois piliers : la participation aux décisions, la propriété collective et la répartition équitable des fruits du travail réalisé avec le dispositif de participation aux résultats. De plus, les salariés sont le plus souvent de bons connaisseurs de leur marché, de leur outil de travail, des atouts et des lacunes de l'entreprise. Il faut néanmoins qu'un certain nombre de conditions soient réunies :

L'accompagnement par le réseau Scop Entreprises joue alors un rôle d'expertise : les unions régionales disposent de chargés de mission spécialisés dans la transmission ou la réanimation d'entreprise en Scop. Ils accompagnent les salariés dans le montage économique et financier, dans les négociations avec les partenaires, etc.

Il propose aussi des outils financiers : la plupart du temps, les salariés n'ont pas les moyens de racheter seuls leur entreprise ou de la recapitaliser si elle est en difficulté. Les banques étant souvent réticentes pour financer ces opérations délicates, le recours aux outils financiers du mouvement Scop est indispensable.

Il dispense enfin des formations : les compétences de la nouvelle équipe dirigeante sont un élément clé du succès de l'opération. Les formations portent autant sur la gestion économique et financière que sur l'animation de la vie coopérative.


Les étapes d'une transmission

Six mois minimum sont nécessaires pour accomplir le processus dans de bonnes conditions.

 

Les étapes d'une réanimation

Le processus s'étend sur à peine un mois entre la décision des salariés et le jugement du tribunal de commerce.