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VIE COMMUNAUTAIRE OU COLLECTIVE

 Les ateliers organisés à Rennes lors de l'Altervillage 2009 avec la participation de membres de différentes communautés ont permis d'échanger sur ce qui motive la vie en communauté de nos jours et sur ce qui peut aider à pérenniser ces modes de vie alternatifs.


  • Qu'est-ce qui distingue une "communauté" d'un "collectif"?

Dans un collectif, les personnes se regroupent autour d'un projet commun, dans un but précis. Les entrées et les sorties sont plus faciles, un collectif étant souvent plus en lien avec l'environnement extérieur qu'une communauté.

Les communautés sont plus ou moins ouvertes ou fermées. Il s'agit d'une communauté de vie, envisagée sur le long terme. Elle fonctionne grâce à une identité commune, un fort sentiment d'appartenance, pouvant s'approcher de celui de "famille". La vie quotidienne est partagée: il y a mise en commun d'espace, de biens, de savoirs...


  • Une idée de ce qui peut motiver ce mode de vie

Un habitant de l'Elaboratoire- la Villa, à Rennes, explique qu'il a choisi ce mode de vie pour retrouver un quotidien plus humain, plus proche des gens. Si dans les caravanes, il arrive d'être aussi entassés que dans des appartements, ce quant-à-soi est là, mais ouvert à l'ensemble des autres personnes qui vivent sur le site. On peut faire ensemble, tout en gardant son espace.

Dire qu'on est chez soi en appartement sonne comme un mensonge. Notre vie est alors dépendante de celle des autres : du loyer à verser au propriétaire, des abonnements donnant accès à l'eau et l'électricité ; des voisins, qu'on ne connaît pas mais que l'on entend... Une promiscuité anonyme. Les membres de l'Elaboratoire (vivant pour la plupart à la Villa) ont une charte, un projet artistique en commun : c'est une expérience collective. Cela se vit, par exemple, à travers l'organisation d'événements, la création, l'accueil de nouvelles personnes et de visiteurs...


  • L'organisation de la vie en communauté.

70 personnes vivent à la Villa, dans des caravanes ou des camions aménagés. Le lieu reste ouvert, selon la place et le nombre de personnes installées. Personne n'a envie que le site se transforme en un terrain similaire à ceux des gens du voyage ou en parking.

Chacun peut potentiellement participer. La charte en elle-même est un peu artificielle... Ce qui importe c'est qu'elle ait été écrite ensemble : elle est reconnue par tous. Sans cela, quelques-uns se retrouveraient autour de valeurs non-dites, ce qui pourrait entraîner des rapports de force.

Une réunion, le mardi, est organisée pour étudier l'accueil de nouveaux projets, de nouvelles personnes. C'est une tentative pour susciter un réel intérêt pour la vie collective, bien que certains ne s'en soucient pas toujours. Un autre temps, le mercredi, est consacré à la vie quotidienne : chacun peut s'impliquer. Les problèmes individuels et communs y sont abordés, ainsi que les projets en cours. Sur les 70 résidents, une trentaine sont généralement présents. Ce ne sont pas des temps informels (comme les grands repas), ni des séances de réflexion sur la vie commune. Il s'agit bien de parler concrètement du fonctionnement, des besoins, des problèmes qui se posent, dans le respect des absents.


  • Les moyens de régulation

Les personnes viennent de tous les horizons. Il faut accepter cette base apparente de chaos: on est dérangé, de toute façon. Les différences entre individus impliquent d'accepter les autres en allant voir au fond de soi. Il s'agit de faire en sorte d'évoluer avec les autres.

Si l'intégration est souvent implicite, des conflits peuvent toujours se présenter : il faut un minimum de règles. Les outils écrits sont une base pour les nouveaux arrivants, notamment ceux qui n'ont pas pris le temps de découvrir ce qui n'est pas dit. Il peut y avoir besoin d'un parrain, qui joue le rôle de régulateur et assure une sorte d'accompagnement. Il existe une période d'essai, de la caravane à la cuisine commune, chez les voisins... S'il y a exclusion, c'est que la personne n'a pas respecté les lieux, le matériel ou les personnes. Le processus est réciproque : le lieu accepte le nouveau, le nouveau accepte le lieu.

Certaines règles sont implicites. Elles évoluent en fonction des personnes qui arrivent et qui s'impliquent. A l'inverse, quand des personnes s'en vont, le collectif change aussi de physionomie.

La mise en oeuvre de projets est une autre forme d'organisation collective. S'engager, d'accord, mais pour combien de temps ? Y a-t-il des risques pour le collectif, si on tient compte des tensions avec la municipalité ?

Les ressources de La Villa proviennent des loyers (30€), de la mise en commun de nourriture et de boissons et des tâches partagées de récupération (matériaux de base pour les productions, fruits et légumes sur les marchés). Entre l'accueil, les réunions, les questions de base et l'entretien de son installation, il n'y a pas beaucoup de contraintes.


  • Le ciment qui fait le collectif

Les rapports entre L'Elaboratoire-La Villa et la mairie sont complexes. Il y a un grand décallage entre le regard des services municipaux et les membres de l'Elaboratoire. Le choix de vie de ces derniers n'est pas pris en compte. L'Elaboratoire n'est pas seulement un lieu création, comme le pensent les administrateurs. Cette incompréhension conduit à des procédures d'expulsion. D'autres questions plus litigieuses sont des obstacles à l'occupation des lieux : la pollution des sols, et, étonnament, les projets de construction du service d'urbanisme... Pour comprendre la vie interne, il faut y vivre. Et il y a toujours cette rupture entre ceux qui résident à la Villa, entreprennent à L'Elaboratoire et ceux qui ne font que les écouter.


  • D'autres exemples de communautés.

Légalement, l'affirmation "nous nous installons sur un terrain innocupé, il nous appartient" ne tient pas. Il y a un autre propriétaire. Les membres du squat de Clermont-Ferrand ont choisi une alternative : se déplacer d'un lieu à l'autre en sauvegardant la vie interne, la cohésion du groupe. Ils vivent donc tout autant les questions qui se posent à l'accueil de nouvelles personnes, ainsi que l'idée de relations "intérieures" et extérieures". Ce collectif a choisi de rester ouvert aux gens de passage.

Parfois, les motivations militantes prennent le pas sur le développement du lieu. L'exemple des "colocations" nous vient de Berlin. Différent du sens que nous lui donnons en France, ce mode de vie est très répendu et très organisé. On trouvera des immeubles dont une partie est louée et l'autre squatée. Les travaux de rénovation sont courants : il y a un sentiment d'attachement à la résidence. Il arrive que des immeubles soient ainsi rachetés par les collocataires.

Description rapide d'une colocation type :

-      une cuisine par étage, utilisée selon les affinités

-      un fonctionnement autogéré

-      lieu d'asile résistant à la répression et l'exclusion

-      un projet politique ou artistique commun

Ces projets collectifs et alternatifs sont politiques. La vie quotidienne est pensée en opposition au pouvoir patriarcal par le partage des responsabilités. Le mouvement est aussi en opposition au système marchand. Ces locations peuvent proposer un bar, une scène publique, la mise en commun de biens... L'argent peut être centralisé dans une caisse commune, avec un octroi de 300€ par personne. Le reste revient à l'organisation d'événements. Beaucoup de locataires et squateurs défendent le droit au logement, quelle que soit la situation socio-économique des intéressés.


  • Ouverture à la solidarité entre les générations

Face à la jeunesse des membres des groupes cités, on peut s'interroger sur l'ouverture de ces communautés de vie aux personnes âgées. Les témoignages des uns et des autres rappellent que leur expérience en appelle à un mode de vie plus simple. Pourquoi demander plus qu'être là, simplement, dans l'échange: il y a différentes manière d'être "présents aux autres". Cela est fonction des besoins et encore une fois de ce qui passe dans la relation. Des habitats groupés se fondent sur un projet d'entraide entre personnes âgées, jeunes gens et familles. En Allemagne, des personnes âgées ouvrent d'elles-mêmes leur logement à la colocation : non seulement accueillantes, elles sont réellement intégrées.

C'est une question qui nous concerne tous: nous connaissons la précarité de l'aide sociale. Il est temps de penser à de nouveaux modes de vie, dans l'entraide, plus solidaires et ouverts. L'habitat communautaire en est un exemple.

 

D'après le compte-rendu de Marie LB

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